Jour 88 – De Vang Vieng à Vientiane, ou le jour 1 du road trip en moto

10h00, le sac est chargé, je suis prêt à partir. Démarrage en douceur, le poids du sac à l’arrière change la donne pour la conduite, c’est parti pour 160 kilomètres. J’ai pris l’habitude de faire seulement des excursions à la journée, pendant les premiers kilomètres, il est difficile d’imaginer que je vais faire un aller simple avec tout mon paquetage pendant un mois et demi. Au bout d’une bonne heure de route je me le suis un peu plus mis en tête, ce mode de voyage est vraiment génial, je n’ai jamais pu autant profiter des paysages pendant un trajet. C’est vrai que pendant les voyages en bus j’ai plus tendance à dormir, là par contre c’est une concentration de chaque instant, l’état des routes n’est pas formidable. Des énormes trous peuvent apparaitre à n’importe quel moment. J’ai aussi le droit à plusieurs averses, pour deux d’entre elles j’arrive à gérer avec ma super cape de pluie et je passe la zone sans souci. Par contre la troisième m’a forcé à m’arrêter, on était à deux doigt de la tempête de grêle, ça faisait mal et c’était trop dangereux. Heureusement, après 15 minutes c’est passé.

Les paysages traversés sont bien sûr magnifiques, et la route de montagne de mi-parcours n’est pas dénuée de charme non plus. Le temps étant pluvieux, les nombreux nuages (très noirs quand même des fois) participent eux aussi à la beauté du tableau. Ce qui me marque aussi pendant ce trajet, c’est que je traverse des zones où les touristes sont absents. Même si je ne marque pas forcement l’arrêt, j’ai droit à plein de salut des locaux, et des grands sourires des nombreux écoliers qui sortent de classe. Ça me fait plaisir car depuis mon arrivée au Laos, même s’il y a des exceptions, je trouve les locaux plus distants, voire parfois carrément nonchalants.

L’arrivée dans la ville est plus compliquée car la circulation est assez dense, mais c’est au bout de la 4ème heure de route que j’arrive à l’auberge où je resterai deux nuits. Je rejoins les 3 amis quittés ce matin pour aller déjeuner. La journée est déjà pas mal avancée, du coup je décide de trouver un mécanicien pour réparer les défauts électriques de la moto, et également faire un check complet avant la prochaine étape qui sera plus longue.

Je reste une heure et demie dans ce « garage » que m’a indiqué le gérant de l’hôtel, qui s’avère être plus un stand de mécanique à même le trottoir. Le chef mécano prend mon cas en charge, il y a en fait pas mal de travail. Il se trouve que l’alternateur est mort, plus d’autres problèmes dans les circuits électriques. Aussi, il n’a pas la pièce pour changer le verre du phare mais il va en faire tailler une pour le rendre à nouveau étanche. Certes les propriétés optiques, et du coup d’éclairement sont maintenant quasi inexistantes, mais au moins on me verra ! C’est vraiment intéressant d’observer la vie locale depuis cet endroit, il y a vraiment beaucoup de passage entre les écoliers, les parents avec leurs enfants, les ados, les jeunes travailleurs, tout le monde passe ici pour faire réparer les petits problèmes de son 2 roues, qui définitivement est le roi des véhicules ici ! Aussi, je vois le génie de la débrouillardise des mécaniciens d’ici. Tant que c’est réparable, ou plutôt que c’est possible de rafistoler, on ne change pas pour du neuf. Et souvent d’ailleurs, ils n’ont pas les pièces neuves à disposition. Les outils avec lesquels ils travaillent semblent totalement inappropriés, mais ils font quand même des petits miracles. En tout cas, en 1h30 sur ma moto, je n’aurais jamais pensé qu’il puisse faire tout ça. Elle n’est pas remise à neuf c’est sûr, mais au moins ça marche !

Je retrouve Max, Anne et Laetitia pour dîner et nous allons au Night Market qui se situe juste au bout de notre rue. On est loin du charme de celui de Luang Prabeng, et encore plus loin de son authenticité. Ici c’est le marché des chinoiseries, pour la nourriture, on repassera aussi. En tout cas le stand choisi ne s’est pas avéré aussi bon qu’il en avait l’air. Par contre, un des côtés du Night Market ressemble à une sorte de « fête foraine ». Il y a là des alignements de stands de fléchettes (pour percer des ballons), de pistolet à bille ou de chamboule-tout. Un stand propose même de remettre droite des bouteilles en verre à l’aide d’une sorte de canne à pêche se terminant par un anneau de rideau. Tous les stands semblent sortir d’un autre temps mais les gens ont l’air plutôt enjoué, même si les lots, qui sont pour la plupart des boissons semblent un peu dérisoires. Un petit filou qui m’aura bien fait rigoler se déplace d’un stand de ballon au suivant, le tout en moto. Il est vraiment doué ça ne fait pas de doute, et du coup il gagne plein de boissons. Ça lui revient moins cher que les acheter comme il ne rate quasiment pas ses coups. Il remplit au fur et à mesure le panier de sa moto, probablement pour aller revendre tout ça au prix fort ensuite !






Jour 87 – Vang Vieng

La nuit fut chaude dans le dortoir sans climatisation, heureusement qu’il y avait des ventilateurs (et des moustiquaires) ! L’hôtel change le petit-déjeuner tous les matins, ce matin soupe de noodle de riz au porc (avec un peu de foie qui traine dedans, yummy). Certes c’est bon, mais à 9h du matin…. J’aurais préféré un bon croissant ! Je pars ensuite pour ma journée d’expédition dans les environs mais je dois d’abord faire quelques achats d’accessoires pour la moto au marché local, une chaîne, un cadenas, et surtout une bâche pour protéger mon sac de la poussière pendant les trajets.

Après la traversée des ponts de bois (plutôt rustiques mais tellement charmants !), je me dirige vers la Khan Cave. Une fois le droit d’entrée payé et la moto déposée, il s’en suit une marche d’approche d’une vingtaine de minutes tantôt sur des chemins, tantôt dans la rivière (qui est très peu profonde bien sûr). L’entrée de la grotte est plutôt discrète, mais un vieil homme qui m’a suivi me confirme que c’est bien là. Dans la première se trouve un bouddha (original non ?), puis s’en suit un dédale de chemins plus ou moins étroits pour se glisser dans la grotte. L’homme s’improvise un peu guide, ce qui est un peu rassurant car je ne sais pas trop où m’aventurer (malgré les quelques flèches peintes sur les parois). Je tente de savoir si sa prestation est incluse dans l’entrée déjà payée ou si je dois m’attendre à une demande, pas de réponse… je continue donc la visite en sa compagnie. Il me montre comment il est possible de faire entrer en résonance les différentes stalactites, chacune produit un son différent en fonction de sa taille. Il me montre aussi les rochers creux créés par les écoulements d’eau. Un vrai paradis pour les géologues, et les spéléologues bien sûr ! Pour la sortie, deux voies possibles, voulant éviter un demi-tour je prends la deuxième option. Je ne sais toujours pas si c’était un bon choix car il s’en suit une « marche » à 4 pattes (qui me semble interminable) aplati sur le sol terreux et humide pour passer dans le conduit qui est sensé mener à la sortie ! Bon j’écris ces mots donc c’est que j’ai bien trouvé la sortie, mais claustrophobe s’abstenir ! Je passe quelques minutes dans la rivière pour me nettoyer et nettoyer mon sac qui est bien terreux aussi, et mon guide improvisé en profite pour me demander quelques kips. Enfin surtout pour me demander un prix prohibitif qu’il n’a pas annoncé avant, je décline mais je lui laisse quand même un petit quelque chose.

Deuxième étape, direction le blue lagoon (encore un !) à quelques kilomètres de là. Manque de bol je me trompe de chemin en cours de route et je fais plusieurs kilomètres (dans les 2 sens) sur une piste trèèèèèèèèès boueuse. Petit incident sur cette route, un trou un peu plus profond que les autres et que j’ai eu du mal à éviter a créé une grosse secousse et mon phare avant s’est détaché, le verre a sauté et s’est totalement brisé…. Pas de chance ! J’arrive finalement au blue lagoon (en étant encore plus plein de boue) et commence la visite de la zone par accéder à la Tham Phu Kam Cave. L’entrée se trouve en haut d’un long escalier qui monte dans la jungle, puis une petite ouverture apparaît. La première grande salle dans laquelle on accède renferme une stèle où est installé un sleeping bouddha. L’atmosphère est vraiment paisible, on entend l’écoulement des eaux le long des parois et la rivière souterraine. Visuellement, les rayons du soleil qui pénètrent dans la salle mettent en valeur les mousses qui poussent sur les rochers, en contraste avec le doré du bouddha. La grotte fait environ 200 mètres de long mais n’est principalement qu’un enchaînement de grandes salles, sans passages minuscules comme expérimenté précédemment. Je m’aventure donc seul sans guide dans cette exploration. Sans ma lampe frontale, il n’y a vraiment aucune lumière qui transperce une fois sorti de la première salle, l’atmosphère est forcément un peu flippante mais je continue pour aller jusqu’au fond. Sur les parois, les différents visiteurs ont laissé des traces de leur passage avec des empreintes de mains ou des écrits, le tout fait avec la boue qu’il y a un peu partout. Marcher quasiment dans le noir avec ces signes qui ressortent de temps en temps rajoute un peu de glauque au côté flippant. J’arrive au fond dans une sorte de cul de sac, pour découvrir des sortes de petites passerelles naturelles au-dessus des écoulements d’eau, la nature a bien fait les choses ! Une fois revenu au grand jour, je pique une tête dans le bassin bleu azur, qui s’est bien vidé pendant ma visite de la grotte (happy me). Le lieu est très touristique mais les locaux semblent bien en profiter aussi. Il y a des bouées louées pour patauger dans l’eau, et un arbre a été transformé en plongeoir à deux étages pour les plus téméraires.

Pour ma 3ème étape, je me dirige vers le mont Pha Ngeun pour monter au sommet et profiter de la vue sur la région. L’ascension est raide, très raide, mais en même temps ces massifs montagneux semblent sortir de nulle part donc forcément les pentes douces sont rares. La main courante tantôt en bambou, tantôt en fer à béton est plus qu’utile ! Une grande partie de la montée se fait dans la jungle, donc sans vue, quand au bout d’un moment (qui m’a semblé long mais en fait pas tant que ça !) j’arrive à la première terrasse. La vue est déjà belle mais je pousse quand même jusqu’au sommet. La vision des environs entre montagnes et plaine, avec les rizières toujours aussi vertes, les rivières, tout cet ensemble vaut le coup d’avoir sué pour monter ! Ce que je vois aussi, ce sont les énormes nuages noirs qui sont partout sauf au-dessus de ma tête à ce moment-là, et ce que j’entends c’est le tonnerre qui gronde. Je m’active pour redescendre, et je croise plusieurs jeunes gens qui montent, avec chacun un panier plein de graviers sur le dos. Déjà que sans trop de poids c’est dur, alors avec des cailloux ! Un des jeunes qui parle anglais m’explique qu’ils montent au sommet les matériaux de construction pour une nouvelle cabane, sacré challenge en tout cas.

La pluie commence à bien tomber mais l’épaisseur de la jungle me protège, ce n’est plus le cas une fois en bas. Je m’équipe de mon poncho de pluie birman (1ère utilisation !) pour braver les éléments et prendre le chemin de l’hôtel. Vu la météo je ne tenterais pas d’autres visites aujourd’hui, et puis je voudrais repasser au garage pour faire deux trois petits réglages sur mon engin. Les chemins pour rejoindre la route principale sont déjà des rivières, mais cette dernière n’est pas forcément dans une meilleure condition. C’est bien mouillé que j’arrive à l’hôtel après pourtant seulement 5 kilomètres à braver les éléments. Une bonne douche chaude s’impose, et elle a fait du bien !

Aujourd’hui, Max a fait une classe de cuisine avec Fa (la propriétaire de l’hôtel / je ne suis pas sûr de l’orthographe). Je le retrouve ainsi que Laetitia et Anne pour déguster le fruit de leur travail, et partager aussi un moment autour de la table avec Fa et Vien (la sœur de Fa avec qui elle tient l’hôtel). Au menu, curry en entrée, et fondue laotienne en plat. On s’est purement et simplement régalé ! Un vrai délice ! Les deux sœurs nous ont aussi allègrement arrosé en cocktail maison servi dans des seaux à glaçons et qui se boivent à la paille. C’est repu que je me dirige vers mon lit, et que mes autres compagnons de table eux se dirige vers un bar en ville pour continuer la soirée. Demain, c’est mon premier grand trajet en moto, et en dehors du fait que j’aimerais qu’il ne pleuve pas, je voudrais aussi être bien en forme.

 

Et voici le lien pour la vidéo :








Jour 86 – De Luang Prabang à Vang Vieng

Le mini bus passe aux aurores me récupérer à l’hôtel puis prend la route de Vang Vieng. Difficile de résister au sommeil mais quand le chauffeur (pas très doux au passage) attaque la route de montagne, il devient difficile de rester endormi. Je ne m’attendais pas à trouver une chaîne de montagne ici, elle semble surgir de nulle part. La route est dans les nuages et parfois des éboulements importants sont visibles, pas très rassurant. Au bout de 4h de route nous voici enfin arrivé à Vang Vieng.

La ville a un passé sulfureux mais tout semble être plus calme maintenant. La mode était à la course à l’alcool et aux sports extrêmes (pas vraiment sportif). Suite à l’année noire de 2011 (20 décès parmi les touristes), le gouvernement a repris les choses en mains. La ville n’est pas plus intéressante pour autant, mais les alentours sont juste impressionnants ! Je pars faire un petit tour en vélo dans la ville et ses abords pour profiter du début d’après-midi. Juste à côté de la rue principale se trouve un vestige de piste d’atterrissage. Il s’agit d’un terrain utilisé en toute impunité par la CIA durant la guerre du Vietnam, et ce dans le plus grand secret, même le gouvernement américain ne l’aurait pas su à l’époque. Je reprends ma visite et je découvre une mini-île plantée au milieu de la rivière, et au bout d’un chemin une mini plage complètement déserte. Je ne résiste pas à une baignade, bien rafraîchissante avec la chaleur qu’il fait !

Je retrouve ensuite Tave pour finaliser l’achat de la moto. Elle roule, c’est déjà bien, et il prend un moment avec moi pour m’apprendre les subtilités car elle n’est pas toute neuve non plus. Je vais quand même devoir m’entraîner un peu pour être bien à l’aise avec le passage des vitesses mais la journée de demain servira à ça, entre autres ! Le démarrage électrique ne marchant pas je passe voir le mécanicien à côté de l’hôtel. Il ne pourra rien y faire je serai obligé d’utiliser le démarrage manuel. Mais par contre, je lui fais installer un plus grand porte bagages pour pouvoir transporter mon sac plus facilement. Elle sera complètement prête ce soir !

Je reprends un vélo pour la fin d’après-midi puis je me joins à Laetitia pour aller découvrir le marché local. Les étals ne sont pas forcément très ragoûtants, entre les grenouilles attachées par les pattes, les rats grillés, les anguilles, les poissons chats, des sortes d’écureuils. A croire que tout ce qui vit peut-être mangé ! En tout cas il y a de la variété ça c’est sûr. Au milieu de toute cette viande il y a quand même des grands étals de fruits et légumes, avec pareil énormément de variétés, et même on peut trouver des brocolis. Nous récupérons Anne qui revient d’un tour en montgolfière au-dessus de la ville pour aller voir le coucher de soleil dans un spot secret que les trois amis ont trouvé. C’est donc depuis la terrasse d’un hôtel de luxe que nous pouvons admirer la vue et voir des équipes de rameurs qui s’entraînent pour la fête des pirogues qui doit avoir lieu le mois prochain. Vu le courant, ça n’a pas l’air évident, et de façon générale ça semble plutôt physique !

Je passe récupérer la moto un peu avant l’heure, le mécanicien a fait un travail formidable, mon sac va pouvoir être transporté à l’arrière ! Il lui reste deux trois vis à remettre et pendant ce temps, tout le groupe d’amis qui traîne au garage m’invite à boire une bière avec eux. Une fois fini, j’essaie de me dérober mais il faut que j’en prenne une seconde avec le mécanicien, en même temps je me dois de le remercier c’est sûr. J’arrive à partir après avant que ça ne devienne un traquenard ! Il m’aide un petit peu pour repartir et appréhender mieux la moto. Je retrouve Anne et Laetitia pour aller manger, et c’est l’occasion pour moi de pratiquer un peu la conduite. Ce sera un craquage pour un burger ce soir, la ville regorge de coins pour ceux en manque de nourriture occidentale ! Max nous rejoint ensuite pour le retour vers l’hôtel, avant de se faire entraîner en soirée avec la sœur de la propriétaire pendant que nous allons tous nous coucher. Je n’ai qu’une journée ici, je vais essayer de bien en profiter !







Jour 85 – Luang Prabang #2

Je commence la journée par me rendre, sur les conseils de Vincent, au marché du matin. Contrairement à celui du soir qui draine plus des touristes que des locaux, celui-ci est plus typique. Je n’arrive pas aux premières heures mais l’alignement des petits étals, parfois à même le sol est fort sympathique à traverser. Les produits locaux sont à l’honneur, et vus les moyens de conservation des viandes et poissons, l’inspection sanitaire aurait du travail ! Je suis quand même surpris quand je découvre dans les produits vendus des chauves-souris. Certaines déjà grillées, d’autres non. C’est vraiment bizarre !

J’enchaîne avec la visite du Musée du Palais Royal. Il s’agit de la dernière résidence du dernier roi du Laos, Sisavang Vong. A l’entrée du parc trône le Bouddha d’Or, il est installé dans un temple construit autour et ultra surveillé. C’est une statue en or de 83cm et 50kg, sous la protection duquel le Laos est officiellement placé ! Le nom de la ville lui fait d’ailleurs référence puisque Luang veut dire « grand » et Prabang signifie « statue d’or sacrée ». Le musée en lui-même permet d’en découvrir un peu plus sur le protocole et la manière de vivre de la royauté laotienne, avant qu’elle soit mise à mal par les révoltes du 20ème siècle. C’était plutôt intéressant, et je retiendrai entre autres l’architecture de la salle du trône, faite de mosaïque de verre, ce qui rend la salle si particulière. Aussi, dans la dernière salle, on voit les différents cadeaux d’autres pays faits au royaume du Laos, dont une pierre de lune offert par Nixon.

Je visite quelques Wat sur le chemin puis continue vers un quartier de la ville moins touristique pour essayer de dénicher un lieu un peu caché. En effet, en plein milieu des habitations, avec pour seul accès une mini ruelle, se trouve un lac envahi de fleurs de lotus. Sur ce lac sont installés de vieux baraquements en bois, qui tombent un peu en ruine, et qui sont accessibles par une passerelle qui elle aussi n’est pas en grande forme. Il s’agit en fait des anciennes fumeries d’opium, qui ont été fermées seulement au milieu des années 80 sous la pression internationale. La Laos reste toujours le 2ème pays producteur au monde (derrière la Birmanie), mais la production a bien diminué il semblerait. Pour la petite histoire ce sont nos très chers ancêtres français qui ont mis en place les plantations d’opium, mais comme ce n’était pas assez rentable ils ont mis en place le suivi et la taxation des consommateurs dans les fumeries. Selon une étude, en 1920, la moitié du budget du gouvernent général provenait de la très officielle Régie de l’opium. C’est assez hallucinant d’imaginer tout ça, et surtout assez fou d’imaginer la vie qu’a connu cet endroit.

Pour l’après midi, je décide de quitter les trottoirs bien proprets du centre-ville historique et d’aller visiter un village d’artisanat situé de l’autre côté de la péninsule. Pour traverser la rivière Nam Khan, il y a un vieux pont en métal rouillé et en bois avec une voie pour les motos, et un mini passage sur des planches un peu bancales sur le côté pour les piétons. Passer de l’autre côté est déjà une expérience en soi ! Après une traversée de quartier résidentiel plutôt aisé au vu des villas qui le composent, la route bitumée se termine et je retrouve un petit chemin de terre. Il me semble enfin arriver dans un endroit plus proche du réel quotidien des Laotiens. Je m’enfonce dans les petits villages et trouve quelques boutiques et ateliers qui approvisionnent les marchés de la ville. Un peu comme au Myanmar, on retrouve des salles entières (souvent des hangars) avec des métiers à tisser hors d’âge comme moyen de fabrication. J’assiste aussi à la fabrication de papier avec des fleurs et plantes incrustées. Cette visite est plutôt intéressante dans l’ensemble et je suis quand même content d’avoir fait la marche jusqu’ici. Avant de repartir dans l’autre sens et le soleil tapant très fort, je m’offre une petite pause dans des escaliers qui descendent sur la rive de Mékong. J’ai de l’ombre et une belle vue, c’est parfait pour prendre un moment tranquille ! En fait il s’avère que je suis installé sur l’accès au débarcadère des bateaux qui emmène les touristes depuis le centre-ville pour aller visiter les ateliers d’artisanats. Un des conducteurs de bateau s’installe à côté de moi en attendant sa cliente, et il s’avère qu’il parle français et ne demande qu’à pratiquer !

C’est ma première occasion de discussion avec un local et j’en suis ravi ! Lui a appris le français à l’école car c’était obligatoire, maintenant, c’est l’anglais qui est privilégié. Il me dit qu’on le surnomme Mr Quatre, car il a 4 enfants, 4 bateaux, 4 maisons, 4 motos mais une seule femme (selon ses dires). On arrive à communiquer tant bien que mal, et ça me permet d’en apprendre un peu plus sur le Laos et les Laotiens. Lui ne vit que de son revenu de conducteur de bateau pour les touristes, mais il me dit que la saison ne commencera qu’en octobre après la mousson, pour le moment c’est calme. Il me dit aussi qu’il invite les français à dormir gratuitement chez lui quand il en rencontre, ce qu’il me propose aussi. Il me parle d’aller acheter du poisson au marché et qu’il le cuira au barbecue ce soir. Au vu de la pollution du fleuve, je préfère éviter le poisson local pour le coup. Bon aussi, il aurait bien aimé que je me joigne avec l’expédition de son unique cliente pour faire un peu grimper le chiffre d’affaire. Malgré le fait que c’était très sympa de partager ce moment avec lui, je décline les autres propositions et prend le chemin du retour.

Je finis la journée en m’installant dans le café français pour déguster un superbe flanc pâtissier, avant de retrouver Vincent pour manger au Night Market ce soir. On commence à prendre nos habitudes dans cette ville !

Voici les deux premières vidéos montées de ce début de séjour Laotien : https://youtu.be/PckCFKzJcSE







Jour 84 – Luang Prabang

En fin de matinée je me joins à l’expédition proposée par l’hôtel pour me rendre à la cascade Kuang Si, située à une 30aine de kilomètres de la ville. Au final c’est plus un mini bus qui nous amène et nous récupère en nous laissant 3 heures de temps libre sur place. Il s’avère que c’est une zone entière qui a été mis en protection autour des chutes d’eau. Une fois le droit d’entrée payé je prends le chemin pour rejoindre les cascades, et à peine 5 minutes après je vois… des ours. Ça peut sembler improbable mais oui il y a des ours bruns qui vivent dans ces forêts. Malheureusement eux aussi sont en danger car sur-chassés pour leur bile, qui aurait plein de propriétés selon la médecine chinoise. En l’occurrence celle d’envoyer une espèce vers l’extinction en premier lieu. Je n’ai jamais trop aimé les zoos, mais ici c’est plus le visiteur qui passe derrière un grillage, les ours eux ont une très grande zone à disposition et il semble qu’ils sont plutôt bien choyés.

Je continue la remontée vers les chutes d’eau quand se dessine devant moi la première des piscines naturelles. L’eau est bleu clair / blanc, le tout avec la végétation luxuriante donne un sacré beau tableau. Je marche comme ça une centaine de mètres le long du cours d’eau qui alterne petites chutes et piscines naturelles, ces dernières étant déjà bien envahies de baigneurs (malgré la température de l’eau). Quand soudain se dessine devant moi, LA CASCADE ! J’avais déjà été impressionné par celle en Thaïlande, mais celle-ci est au moins 10 fois plus grande, tout simplement bluffant et magique ! Je pars ensuite par le petit sentier en escalier qui permet de remonter la cascade et d’en atteindre le départ. La montée n’est pas évidente avec le terrain glissant, mais au moins ça fait une sélection dans les touristes et nous ne sommes qu’une poignée à admirer la vue depuis le haut. C’est l’occasion pour profiter de la piscine naturelle du haut, dans une eau bien froide, mais du coup bien rafraîchissante après la montée. Malheureusement le temps file trop vite et il est déjà temps de redescendre pour attraper à temps le bus du retour.

Une fois revenu en centre-ville, je décide d’aller faire un tour sur la péninsule qui se dessine entre le Mékong et la rivière Nam Khan. J’en profite pour me faire un petit plaisir et prendre un goûter dans la boulangerie française La Banneton, le choix a été difficile car tout avait l’air bon (et cher), et c’est finalement un superbe chausson aux pommes qui aura gagné. Je vais ensuite jusqu’au bout de la péninsule en visitant quelques Wat au passage, et en profitant de la vue avec le soleil couchant.

Au bout de la péninsule est installée une plaque commémorative de l’UNESCO, Luang Prabeng fait partie de ces villes inscrite au patrimoine mondial. Ce que je me dis en arpentant les rues c’est que cette inscription a dû effectivement avoir un impact positif sur la conservation de la ville, et a dû entre autres empêcher la prolifération d’enseignes tapageuses de magasins. Tout est propre, assez uniforme et du coup plutôt plaisant quand on se balade. Par contre, je pense aussi que tout ça à un effet pervers qui je l’espère est typique à cette ville et pas étendu au Laos. Le coût de la vie est extrêmement cher, et totalement disproportionné pour un pays d’Asie du sud-est. Le nombre de temples à entrée payante est impressionnant, et même le point de vue sur la ville est payant ! Sur le papier le Laos est censé être plus économique que la Thaïlande. Dans les faits, à Luang Prabeng, on est souvent plus cher que la Thaïlande (et même que le Myanmar), voire pour certains produits on frôle carrément les prix Parisiens. Le nombre d’hôtels de luxe installés sur la péninsule montre bien que ça ne dérange pas tout le monde, mais je pense que voyager en tant que backpacker ici peut être un problème, c’est dommage. Je constate aussi en me renseignant que la plupart des points d’intérêt sont ici en dehors de la ville (comme la cascade vue aujourd’hui), et il semble que ce soit par contre le cas pour le reste du pays. Les bus sont bien là pour relier les villes, mais partir à l’aventure en dehors des villes, que ce soit en bus, en tuk tuk ou même en louant une moto coûte très cher.

C’est en discutant avec un colocataire de dortoir ce matin qu’une vieille idée à ressurgi. C’est donc devant ce constat et avec plein d’autres raisons en tête que j’ai pris la décision d’acheter une moto que je revendrais dans un mois et demie au Vietnam. Cela va me donner l’autonomie en transport dont j’ai besoin pour profiter du pays et ne pas me sentir arnaqué à chaque coin de rue. Aussi, ça facilitera grandement la traversée de la frontière Laos / Cambodge en réglant le problème de transport une fois la frontière passée. J’avais aussi dans mon programme de faire une loop de 4 jours dans le centre du Laos en louant une moto, du coup je suis autonome et je gagnerai du temps à ne pas passer par la ville départ de cette loop. Bon le seul problème est que pour me rendre au Vietnam il me faut une moto déjà immatriculée au Vietnam, et là coup de chance, en quelques recherches sur internet j’en trouve une. J’envoie un message, et Tave, son propriétaire américain me répond très rapidement. Nous avons pris rendez-vous dimanche à Vang Vieng pour nous voir et faire l’échange. Tave finit de me convaincre en quelques mots, lui vient de passer 3 mois pour revenir du Viêtnam et me décrit l’expérience comme exceptionnelle, et complètement sûre. Je suis bien rassuré, et content de cette décision.

Ce soir, je retrouve Vincent, nous allons manger dans le night market, le seul endroit accessible pour les Backpackers dans cette ville, et en même temps un des plus sympas donc pourquoi se priver !








Jour 83 – De Pakbeng à Luang Prabang

Deuxième jour en slow boat, deuxième jour hors du temps et dans la contemplation la plus totale. J’ai réussi à arriver assez tôt sur le bateau et à avoir une place bien confortable. Ce n’est pas le même bateau qu’hier et en plus des tables avec des banc en bois pour 4 personnes, des banquettes de sièges de voitures font office d’assise, choix judicieux car le dossier est inclinable ! Du coup je suis bien plus confortablement installé qu’hier. Anecdote assez drôle, une passagère a manqué le départ et a rattrapé le bateau grâce à un speed bot, elle réembarque en plein Mékong. Me concernant, ma journée n’aura pas des activités beaucoup plus diversifiées qu’hier : lecture, manger, dormir et regarder des séries. J’en profite quand même pour continuer un peu mon étude sur le Laos et préparer plus en profondeur mon itinéraire.

Le bateau nous dépose à 10km du centre-ville, le port a été excentré pour probablement faire marcher le business des tuk-tuk. Tout le monde est obligé d’acheter un ticket à prix fixe ! Une fois mes affaires déposées à l’auberge de jeunesse où je m’installe pour trois nuits, il n’est pas trop tard pour moi pour grimper sur la colline située en plein centre-ville et aller au point de vue pour le coucher de soleil. Je fais bien de me dépêcher un peu car ici à 6h il fait nuit noire ! La colline Phou Si est surmontée d’un temple et d’un stupa. Sur ses flancs plusieurs autres temples et statues, mais surtout une forêt. C’est un vrai poumon vert au milieu de la ville. Même si de là-haut, on voit bien que les alentours de la ville sont quand même très boisés. Il y a foule pour voir le coucher de soleil et trouver un petit espace est compliqué. Tout le monde se bataille un peu pour avoir LA meilleure vue, j’essaie d’en profiter en me mettant tranquille dans un coin. Je re-croise un groupe de 4 français avec qui j’étais sur le bateau, mais nous n’avions pas parlé jusqu’alors. Nous parlons un peu en profitant des derniers rayons de lumière puis nous nous dirigeons tous ensemble vers le marché de nuit pour manger.

Le groupe se compose de 3 amis venant des Landes, Max, Laetitia et Anne, puis de Vincent qui fait lui aussi un tour du monde et qui est déjà sur la route depuis 5 mois. Le marché est petit et avec quelques échoppes vendant des objets sympathiques, mais la nourriture l’est encore plus ! Difficile de résister à tout ça, tous les étals donnent plus envie les uns que les autres. Je craque pour une baguette de pain, accompagnée d’une saucisse, c’est un vrai régal, simple et efficace (en réussissant à résister au stand de gâteaux gigantesques) ! Impossible de trouver un endroit où s’installer pour manger, nous migrons donc vers la terrasse de leur auberge de jeunesse où ils m’invitent gentiment. J’avoue qu’après 2 jours certes très paisibles et reposants, mais sans réelle interaction sociale, cette soirée me fait le plus grand bien (merci à tous les 4 !). Le petit chat qui squatte la terrasse lui aussi semblait avoir besoin de contact puisqu’il a passé une heure à nous tourner autour et à miauler. J’ai finalement réussi à le soudoyer en échangeant viande contre caresse !

En vrai, j’ai aussi mis à profit le temps sur le bateau pour préparer 3 vidéos sur mon cours séjour en Thaïlande du Nord (Je vais définitivement devoir retourner dans cette partie-là de la Thaïlande) :









Jour 82 – De Chiang Rai à Pakbeng, traversée de la frontière Thaïlande / Laos

La nuit fut bien courte, à 5h45 me voilà sorti de l’hôtel. Je retrouve Lili, une allemande avec qui j’ai fait le trajet depuis Chiang Mai il y a deux jours, nous allons nous suivre jusqu’à la frontière laotienne pour partager les frais de tuk-tuk. J’ai lu le moyen le plus facile de passer au Laos sur pas mal de blogs de voyages, je voulais essayer ça plutôt que prendre le package proposé par les agences et hôtels. Direction la gare routière pour prendre un bus local, et nous voilà partis en direction de Chiang Khong à 2 heures de route de là. Le bus local n’est pas vraiment confortable (en comparaison des autres bus empruntés en Thaïlande, c’est râpé pour finir ma nuit ! Nous ne sommes pas les seuls à passer par cette solution, sur 8 passagers du bus de, no 6 heures, nous sommes 6 occidentaux.

Deuxième étape, le bus nous dépose à 5 kilomètres du poste frontière thaïlandais, nous finissons le trajet en tuk-tuk partagé. Sortir de Thaïlande se fait sans problème, j’ai bien fait de prévoir des dollars US avec moi, c’est nécessaire pour le visa laotien mais le taux de change pratiqué au poste frontière est indécent. Sorti du poste, il y a interdiction de marcher et un bus (payant bien sûr) est obligatoire pour passer le pont qui traverse le Mékong et arrivant jusqu’au poste frontière laotien. Etre parti tôt a son avantage, je suis le premier au bureau des visas, et en moins de 10 minutes, j’ai le sésame collé dans mon passeport ! Troisième étape, il faut rejoindre en tuk-tuk partagé le quai de départ des slows boats, petite négociation pour obtenir le vrai prix (lu sur tous les blogs) et c’est parti. Me voilà arrivé à 9h30 au comptoir pour acheter mon billet, 2h avant le départ, le timing est parfait pour avoir une bonne place. Bon par contre la mauvaise surprise du jour est le prix du billet de bateau, il est le double de ce qui est annoncé sur tous les sites parcourus (210000kips vs 105000, soit 24€ au lieu de 12€, oui ici on est très vite millionnaire !). En même temps une fois là, pas trop le choix tant pis je l’achète !

C’est à ce moment-là que je commets l’erreur stratégique de la matinée. J’ai un numéro de place sur mon billet de bateau, je vais attendre tranquillement au café d’à côté en sirotant un jus de banane…. Grosse erreur ! Les numéros de place ne servent à rien, et c’est les premiers dans le bateau qui ont les meilleures places. Du coup je me retrouve un peu coincé et pas dans le sens de la marche, mais bon au moins j’ai réussi à éviter les bancs en bois sans coussins.

Nous voilà partis pour 6 / 7 heures de trajet au fil de l’eau. Ça me rappelle un peu l’ambiance du transsibérien, chacun vaque à ses occupations et on est un peu hors du temps. Ma journée se passe entre contemplation, lecture, visionnage de séries et manger (j’avoue gros craquage de courses à Chiang Rai avant de partir #mm’s #kitkat #desgAteaauuuux). Le début du trajet se fait avec la Thaïlande d’un côté, le Laos de l’autre. La différence d’urbanisme est clairement visible. Puis on entre de plus en plus dans le Laos, le paysage est très vert, très boisé et même un peu montagneux. Les villages présents sur les rives ne se dévoilent souvent que par les débarcadères présents au bord de l’eau. La journée est donc vraiment tranquille et contemplative.

En fin d’après-midi, nous voilà débarqués à Pakbeng pour l’étape de nuit. Ce village étape vit principalement des touristes déposés tous les jours par les bateaux faisant l’aller-retour entre Huay Xai et Luang Prenbang. Plein de guest houses et restaurants sont disposées le long des 2 rues principales. Le jeu en sortant du bateau est de passer à travers les rabatteurs, (ou voir s’ils ont quelque chose d’intéressant) et de trouver assez rapidement une chambre à un bon prix. J’essaie de m’aider un peu de mon routard mais tout va très vite, en plus il faut négocier en Kips maintenant. Bref je ne m’en sors pas trop mal pour une chambre double, la ville ne proposant pas de dortoir type auberge de jeunesse.

Fin de journée en profitant du coucher de soleil sur le Mékong. Je profite d’un bon petit restaurant franco-laotien pour le dîner, entouré de plein de chatons qui n’attendent que les restes des assiettes. Une chose qui saute aux yeux, c’est le nombre de boulangeries pour un si petit village, ça annonce la couleur pour le Laos, la France a laissé des traces en forme de croissant au beurre et de pain au chocolat ! Vivement les petits-déjeuners !









Jour 81 – Chiang Rai

Une nouvelle journée de découverte à moto commence, et surtout je pars à la découverte des alentours de Chiang Rai. Première destination, une cascade à quelques dizaines de kilomètres. Dès les premiers kilomètres en dehors de la ville je vois un gigantissime bouddha blanc visible à des kilomètres. Je change ma trajectoire pour aller le voir. Aujourd’hui je me suis donné un ou deux objectifs, pour le reste je me laisserai porter. J’arrive donc dans un complexe religieux qui semble tout neuf et composé d’un grand Wat *(un peu en forme de sapin le bâtiment)*, une sorte d’église / pagode, et ce grand bouddha. C’est tellement neuf que le parking est gigantesque (en prévision probablement) pour les quelques voitures qui se battent en duel ! Je continue ma route vers la cascade Huay Mae Sai. Après le dernier village, la route devient un peu plus petite et sinueuse dans les bois et entre les champs. Le paysage se fait plus vallonné, c’est un vrai régal pour les yeux, et j’ai aussi des bonnes sensations en moto. Je suis le premier arrivé sur le parking, gentiment la dame qui surveille la zone garde mon casque le temps que j’aille voir la cascade. C’est beau c’est sûr, mais c’est encore mieux parce que je suis totalement tout seul ! *(#kifdumatin)*

Je pars ensuite au point de vue situé en amont de la cascade, et qui est accessible à moto. Enfin le chemin est sensé l’être, mais certaines portions en montée et boueuses ne sont pas très faciles. Bref, je monte, tout va bien jusqu’à…. l’aventure de la journée ! Le moteur s’arrête et impossible de la refaire partir, j’essaie pendant 15 minutes puis je lâche l’affaire. Il me reste 700 mètres à faire pour aller au point de vue, je finis à pied en me disant qu’une fois le moteur un peu refroidi ça ira mieux *(annonce : suite de l’aventure au prochain épisode). *La vue du point de vue est évidemment géniale, mais un peu gâchée par cette panne qui me tracasse. Là-haut, un troupeau de buffles d’Asie m’accueille, et semble très curieux. Dès que je leur tourne le dos ils s’approchent de moi. J’en ai croisé dans la vallée près de la rivière, il semble qu’ils aiment bien passer du temps dans la boue et dans l’eau. En tout cas, ils ont l’air très sympa ! Je commence ma redescente et récupère ma moto… qui ne veut toujours pas démarrer. Heureusement, je n’ai qu’une mini pente à pousser, et après je me fait les 3 kilomètres de descente sur le chemin (un peu boueux) en usant à fond des freins. Une fois en bas, je reprends la direction du parking de la cascade car je suis sûr d’y trouver du monde, bon par contre il faut pousser un peu, ça monte. A l’arrivée, 2 jeunes me prennent en pitié et se mettent à regarder la moto. Moi qui était parti pour appeler et attendre une nouvelle moto ! En 5 minutes à deux ils arrivent à faire repartir le moteur, mais je ne sais toujours pas par quel miracle ! Bon là je divulgache un peu la suite, ça a tenu toute la journée ! Je remercie chaleureusement mes sauveurs et je reprends la route.

Je me lance pour aller voir une autre cascade vue sur la carte, mais je ne sais pas du tout à quoi m’attendre. Avec toutes ces aventures il se fait tard, je m’arrête dans le premier boui-boui que je vois pour manger. Mes hôtes ne parlent pas un mot d’anglais donc je leur fais confiance pour mon repas *(j’espère ne pas le regretter demain*), j’ai bien fait c’était super bon et je n’avais pas encore mangé ce plat ! Les paysages qui se dévoilent le long de la route sont typiques d’Asie, mais ça n’enlève rien à leur beauté, les rizières couleur vert fluo sont bien présentes, mais aussi les bananiers, et les champs de cannes à sucre. Le tout avec un fleuve qui traverse le paysage, que demander de plus ! Ah oui, à l’approche de la cascade et à flanc de colline, je revois les premiers champs de thé depuis l’Inde, toujours aussi beaux ! Bon je ne vais pas mentir, j’ai fait plusieurs fois demi-tour avant de trouver la bonne route ! Mais me voilà sur la piste très boueuse d’approche de la cascade. Je continue à pied quand la moto ne peut plus passer et là, pouha ! Quelle cascade ! J’ai bien fait de venir ! Je croise là 2 personnes, un allemand nommé Karl *(un peu cliché non ?)* et son « amie » thaïlandaise nommée Pim *(l’explication des guillemets arrivera plus tard*). On papote 5 minutes et il me dit de continuer de monter, je suis le conseil. Et là, le 2ème effet kiss cool *(j’avoue je l’ai en tête depuis cet après-midi cette expression !)*, encore plus haute, encore plus d’eau, encore plus impressionnante. Le tout avec un point d’observation qui est pour le moins rudimentaire, mais j’ai confiance en cette passerelle en bambou au-dessus du torrent *(vraiment oui)*.

Je prends le chemin du retour et double au passage les 2 personnes croisées juste avant, Karl m’informe qu’à 5 km il y a une source d’eau chaude, je décide du coup d’aller y faire un tour, et a priori eux aussi. Une grosse partie des sources a une entrée payante mais un petit bassin aménagé permet de faire trempette avec ses pieds, et un autre de faire cuire des œufs (oui moi aussi ça m’a surpris, mais pourquoi pas ?). Karl m’offre un Pepsi *(sympa le gars)* et on papote les pieds dans l’eau, pendant que Pim fait cuire ses œufs *(qui sont tous dans le même panier d’ailleurs #desopourlablague)*, pourquoi pas après tout ! Karl est un baroudeur de longue date, il me raconte la Thaïlande il y a 38 ans lorsqu’il est venu la première fois, et me raconte certaines de ces expériences en rebondissant sur ce que je lui raconte. Il est ultra intéressé par mon voyage et me pose plein de questions. Lui à 60 ans est en retraite depuis 4 ans, il vit entre la Thaïlande, l’Allemagne, le Luxembourg et ses voyages ailleurs dans le monde. Bon je pense que financièrement tout va bien pour lui. Il me demande mon âge (sans importance dans une conversation), et me répond : Ah, presque comme ma copine ! Donc Pim ton amie est en fait plus !? Ah ah démasqué ! Bon et puis Pim a 25 ans accessoirement… mais bon je ne pense pas que Karl soit le premier, ni le dernier dans ce cas-là en Thaïlande….

L’après-midi n’étant pas mal avancé, je reprends le chemin de Chiang Rai. Avant dernière étape, le Baandam Museum. C’est un bâtiment en forme de temple tout en bois noir, il est censé être le pendant maléfique du temple blanc (vu hier) qui est au sud de la ville, et c’est aussi un peu un combat d’architecte et de vision d’artistes *(sur celui qui sera le plus kitch peut-être ?*). Sur le guide c’est noté entrée gratuite, une fois sur place c’est noté entrée beaucoup trop cher bonjour l’arnaque ! Je me contente donc de la vue extérieure, c’est déjà bien. Dernier arrêt, le Blue temple qui est …. bleu *(non déconne ?)* Il reste encore quelques statues extérieures à finir mais l’ensemble est aussi dans un style fantastique, et dénote fortement avec tous les temples vus jusqu’ici. Non parce que le blanc, le noir et le doré on connaît. Mais un Bouddha et un temple bleu ! Ça claque quand même !

La journée étant bien avancée, je rends la moto et prépare au maximum mes affaires pour être efficace pour le départ du matin *(euh 6h du mat c’est la nuit pour moi, pas le matin ! / chut la petite voix… ) *Comme on ne change pas une équipe qui gagne *(cette expression est vraiment passe partout n’est-ce pas ?)* je retourne au marché de nuit pour manger. Déjà expérimenté hier soir et validé ! Les petites scènes où on peut voir des concerts, ou des petits spectacles, voire carrément des danses chorégraphiées donne un petit charme pas désagréable au lieu ! C’était donc la fin de mon premier aperçu de la Thaïlande. Je ne sais pas ce que donnera le sud, mais une chose est sûre j’ai très envie de revenir voir plus longtemps le nord, et surtout de venir marcher ici, les treks ont l’air fou !











Jour 80 – De Chiang Mai à Chiang Rai

Whaou… déjà 80 jours, c’est complètement fou ! Il y en a qui auraient fait le tour du monde en 80 jours, moi je suis arrivé jusqu’à Chiang Rai et c’est déjà bien !

Un mini bus passe me récupérer ce matin à l’hôtel puis fait un ramassage dans la ville avant de prendre la direction de Chiang Rai. La route n’est pas mauvaise mais malgré le peu de kilomètres à parcourir le temps de trajet est long, heureusement les paysages sont beaux, on traverse pas mal de parcs naturels et de forêts. A 13 kilomètres de l’arrivée, le bus s’arrête et nous donne l’opportunité d’aller voir le *Wat Rong Khun*, plus connu sous le nom de *White temple*. L’entrée est hors de prix donc je ne visite pas l’intérieur, mais déjà à l’extérieur c’est impressionnant. Rien à voir avec tous les temples déjà vus ou visités. Ce temple moderne (construit en 1997) garde un pied dans la tradition mais a le second dans la science-fiction avec des statues hallucinantes, le tout dans un style baroque (un peu kitch). En tout cas avec autant de blanc et de miroirs incrustés on ne peut pas le rater ! Le bus nous dépose ensuite à la gare routière n°2, celle qui est loin du centre-ville bien sûr. On a beau essayer de négocier (nous étions 4 étrangers dans ce bus à nous rendre dans le centre) rien n’y fait. Ça fait marcher le commerce des songtaew et taxi qui nous attendent bien sagement en tout cas !

Une fois installé à l’auberge de jeunesse, qui j’en suis ravi se trouve en plein centre-ville, je fais un tour de repérage pour demain et je me réserve une moto pour partir en excursion. Je confirme aussi tout ce que j’ai lu sur les blogs de voyages pour prendre le bus après-demain et me rendre à la frontière Laotienne. Je me lance ensuite dans un petit tour des points d’intérêt de la ville accessibles en marchant. J’ai bien fait de me prévoir une excursion demain car une fois les deux – trois Wat un peu importants visités, on a vite fait le tour. La ville a quand même ses marchés, je passe à celui de jour (qui rappelle celui d’hier soir) et je vais aller manger à celui de nuit.

Je profite encore un peu de la douceur de vivre et du confort thaïlandais. Ça me fait vraiment un souffle entre le Myanmar et le Laos. C’est un peu comme revenir à notre époque pendant quelques jours entre deux voyages 15 ans en arrière.






Jour 79 – Chiang Mai

C’est tardivement et en sortant difficilement du sommeil que je quitte l’auberge de jeunesse en fin de matinée. Première étape dans un café conseillé par le routard pour savourer un petit-déjeuner dit « français ». Disons que ça me change du Myanmar mais on est bien loin de Paris encore (et je rêve toujours d’un bon pain).

Je me balade dans la vieille ville qui est parfaitement accessible à pied. C’est un carré parfait entouré de douves et de remparts. Enfin quelques bouts d’anciens remparts et les douves ont été agréablement transformés en canaux et fontaines d’agréments. Cette enceinte date d’un siècle lointain où Chiang Mai était la capitale d’un royaume indépendant. La vieille ville a aussi gardé son urbanisme fait de rues perpendiculaires les unes aux autres. Par contre, elle est maintenant envahie de guests house, restaurants et agences touristiques. Malgré tout, elle garde un charme certain avec ces Wats (temple bouddhiste Thaï) qui se découvrent à chaque coin de rue. La nouvelle ville entoure l’ancienne et est traversée par le fleuve Ping, je fais un détour jusqu’à sa rive pour observer les départs des excursions en bateaux et les pêcheurs.

L’architecture Thaï des temples diffère un peu de ceux du Myanmar, mais comme la région fut jadis envahie par les Birmans, certains temples me sont vraiment familiers. Après plusieurs kilomètres parcourus à pied, je repasse à l’hôtel prendre un vélo pour me rendre un peu en dehors de la ville, pour justement voir un de ces temples datant du 15ème siècle, d’influence birmane. C’est aussi l’occasion de jeter un œil à la ville un peu plus excentrée, et d’observer la vie des locaux.

Le hasard fait bien les choses car ma seule journée ici est un dimanche, or le marché du dimanche soir de Chiang Mai est fortement réputé. A partir de 17 heures, les deux rues principales deviennent piétonnes et sont envahies de professionnels et d’amateurs qui installent leurs stands pour la soirée. De l’artisanat, des vêtements, toutes sortes d’objets, on trouve de tout ! Mais surtout des stands de nourriture par dizaines. Tout à l’air ultra bon et j’ai envie de tout manger, je réussis à me contenir (un peu) et me fais quand même un repas décomposé en picorant dans 4 stands différents. Un vrai régal ! Les yeux ne sont pas en reste, il y a des couleurs partout, énormément de gens dans la rue, il est presque difficile d’avancer parfois. Les rues se vident un peu quand les averses de pluie (et oui toujours la mousson) s’invitent à la fête, mais à peine terminées tout le monde revient.

Je profite aussi de ce dimanche pour me rendre dans un salon de massage recommandé par le gérant de l’auberge de jeunesse (Ning Nong, il est très sympa d’ailleurs). Ce serait dommage de ne pas tester un massage thaï en Thaïlande. La séance dure une heure et demi mais je ne l’ai pas vu passer. Je sentais bien que les nombreux kilomètres marchés, et les centaines d’heures à porter un sac à dos ne m’avaient pas forcement fait du bien. La séance fut bien salutaire et mon dos peut remercier Tommy, la masseuse qui s’est occupée de moi. Je ne savais pas à quoi m’attendre en y allant. C’est sûr que la douceur n’est pas le mot caractérisant le massage Thaï, c’est je pense un mix entre l’ostéopathie, la kinésithérapie, des étirements et un peu de massage quand même. Une sorte de combo parfait qui va me remettre sur les rails pour les prochaines semaines je pense.
La Thaïlande semble vraiment être un paradis pour les touristes. Tout est fait pour leur faciliter la vie, le tout à des prix tellement abordables pour le niveau de vie occidental. Je comprends après cette journée pourquoi tellement de gens aiment ce pays, et pourquoi même certains viennent couler des jours heureux ici pour leur retraite. Sans transition, petit fait assez intéressant sur le culte voué au roi de Thaïlande, son portrait est présent partout. Il semble vraiment très important dans le cœur des Thaïlandais.